Je viens de lire le dernier roman (autobiographique ?) d’Amélie Nothomb. Une fois encore, elle parcourt le Japon de sa plume.
L’histoire est simple : une jeune française donne des cours de français à un jeune japonais, qui tombe amoureux d’elle.
Le dénouement du livre est fondé sur une différence. Certains pourraient être tentés d’y voir une méprise, un quiproquo. Or il n’en est rien : il s’agit bel et bien d’une simple différence de langage : quel est le sens de l’interro-négation ?
Si je vous demande en français : « Naoko n’est pas là ? »
Tout « non » de votre part signifie « non, elle n’est pas là .»
Et symétriquement tout « oui » induit « oui, elle est là ».
En japonais, c’est exactement l’inverse, le contraire.
Si vous répondez « non » vous dites à votre interlocuteur que Naoko est là et si vous dites « oui », vous l’informez qu’elle n’est pas là !
Compliqué ? Vous êtes perdu ?
En fait la logique est diamétralement opposée : le japonais est mathématique : deux négations valent une affirmation :
Naoko n’est pas là ? (première négation) + réponse négative (deuxième négation) = affirmation : oui Naoko est là.
Inversement Naoko n’est pas là ? (négation) + réponse positive (affirmation) = négation : Naoko n’est pas là.
Il ne suffit pas de le savoir, de l'avoir appris, de l'avoir pratiqué en cours de japonais, encore faut-il l’intégrer dans notre cerveau. Et ceci n’est pas une mince affaire. En effet, parler la langue du pays n’est pas toujours synonyme de communiquer. Souvenez-vous en lorsqu'un japonais vous demandera :"ne viens-tu pas à ma soirée?"
Ne m'avez vous donc pas comprise?
Non?
Françoise Menou
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